Précision d'une détection géoradar : profondeur, incertitude et classe A
Ce que le géoradar mesure vraiment, d'où vient l'incertitude, et comment justifier un résultat de classe A dans le cadre de la réforme DT-DICT.
Les classes de précision, en bref
En France, la réforme anti-endommagement classe la localisation des réseaux selon l'incertitude maximale annoncée : classe A jusqu'à 40 cm pour les réseaux rigides et 50 cm pour les réseaux flexibles, classe B jusqu'à 1,5 m, classe C au-delà ou si l'information manque. Les investigations complémentaires et les opérations de localisation servent précisément à faire passer un réseau en classe A, et sont confiées à des prestataires certifiés.
Le géoradar est une des techniques qui permettent d'y arriver, notamment pour les réseaux non traçables. Mais un chiffre de classe n'a de valeur que si l'incertitude est justifiée, réseau par réseau.
D'où vient l'incertitude en plan
- Le positionnement de l'antenne : un GNSS RTK fixé donne quelques centimètres ; un relevé à la roue sans GNSS dépend du piquetage et de la rectitude des passages.
- Le pointage du sommet de l'hyperbole : quelques centimètres sur un écho net, davantage sur un écho faible ou bruité.
- L'espacement des passages : entre deux passages, la position du réseau est interpolée ; un coude ou une dérivation peuvent passer entre les mailles.
- Les réseaux coupés en biais, si la direction n'est pas prise en compte.
Une manière simple et défendable de chiffrer l'incertitude : mesurer l'écart des points détectés à l'axe ajusté du réseau, passage par passage. Un réseau dont les détections s'alignent à 5 cm près se défend facilement ; un réseau dont les points s'écartent de 40 cm doit être signalé comme tel.
La profondeur : le point faible si la vitesse est fausse
La profondeur dépend directement de la vitesse de l'onde dans le sol. Une erreur de 20 % sur la vitesse fait une erreur de 20 % sur la profondeur : 20 cm sur un réseau à 1 m. La vitesse doit donc être estimée sur les hyperboles du chantier, et si possible confirmée par un point de fouille.
Le géoradar mesure la génératrice supérieure du réseau, pas son axe : pour un fourreau de 200 mm, l'écart est de 10 cm. Le rendu doit dire laquelle des deux profondeurs est donnée.
Ce qu'un rendu sérieux doit contenir
- Le plan géoréférencé dans le système légal (en France métropolitaine, RGF93 / Lambert-93).
- Pour chaque réseau : profondeur de la génératrice supérieure, incertitude en plan, niveau de confiance de la détection.
- La vitesse du sol retenue et la façon dont elle a été obtenue.
- Les zones non concluantes, dites comme telles : un réseau non détecté n'est pas un réseau absent.
Comment Radar Plan 3D vous aide
Pour chaque réseau, Radar Plan 3D donne la profondeur de la génératrice supérieure en chaque point, une incertitude en plan calculée sur les détections, et un niveau de certitude (certain, probable, à vérifier) fondé sur la probabilité que l'alignement soit dû au hasard. La vitesse du sol estimée sur les données figure dans le rapport, à côté de celle saisie par l'opérateur.
Ces éléments servent à justifier le classement ; ils ne remplacent ni le jugement du prestataire certifié ni la vérification par fouille quand elle est nécessaire.
Mis à jour le 23/10/2026